LE PAYSAGE,  LE TRAIN ET LE VOYAGEUR

une expérience spatio-temporelle des paysages anthropisés

LGV Bordeaux-Paris - Expérimentation 2018

 

Par ces images entre photo et vidéo, j'essaye de rendre compte de cette perception particulière des territoires depuis le train à grande vitesse. Une expérience spatio-temporelle au sens où espace et temps interagissent l’un l’autre dans la perception du territoire par le voyageur.

A 300km/h en moyenne. 10sec environ (soit près de 1km) de paysages se collapsent en une seule image, une vue unique. La vitesse baisse aux abords des villes denses, les tranches sont plus épaisses, le paysage se distend.

 

La pénombre de la voiture, le paysage qui défile dans la lumière. Le regard balaye, s'attarde ou se détache. Juxtaposition, répétition de fragments de paysages mis bout à bout : paysages fragmentés.   

La vitesse du train et les mouvements oculaires renforcent le télescopage des motifs paysagers et des objets urbains.  Des pans de terres fertiles semblent littéralement s'effondrer tandis que semblent sortir de terre les mêmes figures urbaines qui se répètent à l'infini.... Des images qui renvoient à la violence faite parfois aux territoires a*-menagés (* ai sens de : a privatif) : Paysages disloqués.

 

Une série en différents tableaux : autant de tranches de paysage singulières au gré du tracé ferroviaire et de la vitesse du train mais aussi de l’action du voyageur, lui-même acteur de cette représentation paysagère Malgré le caractère discontinu et haché, une sorte de récit se construit, une certaine vision syncrétique des territoires traversés.